dimanche 8 janvier 2017

LE PRINTEMPS DES SAYANIM. INTERVIEW.



Jacob COHEN, LE PRINTEMPS DES SAYANIM, éditions l’HARMATTAN

Interview se l’auteur.

Pourquoi ce titre ?
J’ai voulu que le terme « sayanim » apparaisse d’emblée et interpelle le lecteur. On se pose la question, et la définition se trouve juste dans les premières lignes de la 4e. La problématique est installée, sans faux-fuyants, et sans réserve. Idéalement, j’aimerais que ce terme entre dans le vocabulaire courant, dans les analyses, et dans les commentaires.

Voulez-vous nous la rappeler ?
Les sayanim – informateurs en hébreu – sont des juifs de la diaspora qui, par « patriotisme », acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad, ou autres institutions sionistes, leur apportant l’aide nécessaire dans le domaine de leur compétence.

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire sur les sayanim ?
C’est la conjugaison de plusieurs éléments. La lecture de tout livre sérieux sur le Mossad montre l’importance essentielle de ces citoyens juifs qui décident de travailler pour les services secrets israéliens. Imaginez des dizaines de milliers d’agents, occupant des fonctions dans toutes les couches sociales, et qui obéissent au doigt et à l’œil au Mossad. Il est à noter que les auteurs anglo-saxons sont beaucoup plus prolifiques sur ce sujet.
Je suis d’assez près l’actualité proche-orientale, et je consulte les médias des 2 bords. Et je suis sidéré, presque fasciné, par la puissance médiatique du lobby pro-israélien. Et comment il arrive à faire rentrer dans les esprits, jusqu’à devenir des banalités admises, des concepts comme « la seule démocratie de la région », ou tellement aberrants, comme « assurer la sécurité d’Israël ».
Le fait de savoir que des sayanim sont en grande partie le moteur de cette propagande permet une lecture plus lucide et plus pertinente de l’actualité.

Est-ce une réalité ?
Je comprends le sens de la question. Je cite Gordon Thomas au début du livre. C’est un spécialiste reconnu des services secrets, en particulier du Mossad. Tellement reconnu qu’il a interviewé tous les chefs du Mossad depuis les années 60, et tous ont admis, en s’en glorifiant, l’apport crucial des sayanim à travers le monde.
Je cite également Victor Ostrovsky, l’un des rares agents du Mossad à avoir publié, après son départ de l’institution, un témoignage unique et inédit sur le service secret, ses méthodes, ses objectifs, ses ressources.

Quel est leur nombre ?
En France ils seraient près de 3000. Ostrovski, ex-agent du Mossad, estime leur nombre à 3000 rien qu’à Londres. On peut imaginer leur importance aux Etats-Unis. Mais le « réservoir » est infini. Si on associe le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale), la WIZO (organisation internationale des femmes sionistes), les organisations judéo-sionistes nationales, comme l’UPJF, l’UEJF, le CRIF… en France, et dans les autres pays, ainsi que les sympathisants, on arrive facilement au chiffre de un million de juifs prêts à travailler pour le Mossad. Evidemment ils ne sont pas tous recrutés à cette tâche. Car il faudrait des centaines d’agents pour les traiter. Le Mossad se contente d’en avoir dans tous les secteurs d’activité, avec un accent particulier sur les plus sensibles : les médias, les grands hôtels et les agences de voyage (pour surveiller les allées et venues des Arabes en général, des agents de renseignement, des hommes d’affaire, enfin de toute personne susceptible d’atteindre les intérêts israéliens), les secteurs économiques et commerciaux, en particulier les sociétés d’importation qui leur servent souvent de couverture.

Un cas concret pour en comprendre le mécanisme?
Pour revenir à Victor Ostrovsky. Lorsque la France a construit une centrale nucléaire en Irak dans les années 70, des scientifiques irakiens étaient venus à Saclay pour se perfectionner. Le Mossad était bien sûr intéressé à les connaître pour pouvoir agir sur eux. N’importe quel autre service secret aurait eu besoin de moyens en hommes, de filature, d’argent pour corrompre, peut-être de tentatives d’effraction, et de temps, pour y arriver éventuellement. Le Mossad, et c’est sa supériorité, s’est tout simplement adressé à un informateur juif (sayan) qui travaillait à Saclay. Et a demandé que lui fussent fournis les dossiers complets originaux. Car il se méfiait des photocopies. La majorité des renseignements étant en arabe, c’est lui-même qui s’est acquitté de cette tâche. Quel autre service de renseignements peut bénéficier de telles complicités ? Après, ce fut un jeu d’enfant pour piéger l’un de ces scientifiques, remonter jusqu’à leur responsable, et l’assassiner lors de sa visite à Paris.

Ces agents juifs n’interviennent-ils que dans des cas d’espionnage ?
Pas du tout. Les sayanim interviennent aussi et surtout dans les manipulations médiatiques. D’ailleurs le Mossad possède un département important, appelé le LAP, pour « guerre de propagande ». Il me revient un exemple historique. Rappelez-vous le film EXODUS. Il a réécrit l’histoire de 1948 et imposé la vision sioniste pour au moins une génération. En 1961, c’est le premier ministre israélien en personne qui a accueilli l’équipe du film à l’aéroport. C’est dire l’importance qu’on lui accordait.
Rappelons l’importance du Bnai Brit. 500 000 membres dans le monde, probablement 400 000 aux Etats-Unis, dont 6 000 dans le secteur du cinéma. Comment imaginer qu’un film ou qu’une série défavorable à Israël puisse voir le jour ?

Et plus récemment ?
Le cas le plus flagrant est celui du soldat israélien enlevé par le Hamas. Le réseau des sayanim à travers le monde a fait en sorte que son nom soit tellement matraqué que personne ou presque n’ignore son nom. Par ailleurs, son père a été reçu à plusieurs reprises par tous les dirigeants occidentaux, par Sarkozy, Merkel, Blair, Berluscuni, Zapatero, Barroso, par le secrétaire général de l’ONU, par le parlement européen, par l’assemblée de l’UNESCO, enfin le gratin mondial. Comment est-ce possible sans l’intervention de sayanim bien placés dans les instances gouvernementales, économiques, culturelles, médiatiques ? Je rappelle qu’il s’agit d’un caporal d’une armée d’occupation. Quel autre prisonnier peut bénéficier d’une telle sollicitude internationale ? Et avoir son portrait géant sur l’édifice de la Mairie du 16e arrondissement ? Des hommes politiques français, dont Sarkozy et Kouchner, ont exigé sa libération pour raisons humanitaires. Sans dire un mot des milliers de prisonniers palestiniens.

Dans quel but ?
Il s’agit de faire pénétrer dans l’opinion internationale qu’Israël a un « otage » (un seul !) aux mains du Hamas. Cela fait oublier les 11 000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. L’écrasante majorité d’entre eux sont des prisonniers politiques, c’est-à-dire condamnés pour leur lutte pacifique pour l’indépendance. Rappelons qu’Israël est le seul pays « démocratique » au monde qui applique la détention administrative : pouvoir emprisonner n’importe quel citoyen, même étranger, sans avocat, sans jugement, sans motif, sans limitation dans le temps.
Et c’est sur cette base que les forces d’occupation ont kidnappé, juste après l’enlèvement du soldat, 45 personnalités politiques du Hamas, en majorité des élus du peuple. Sans qu’elles n’aient rien à leur reprocher. Cela s’appelle des « représailles collectives » condamnées par le droit international, et rappelle le comportement de l’occupant nazi en France.
Ainsi, pendant que les médias nous matraquent avec le soldat « otage », on oublie le plus important, et le plus horrible.
Une expérience personnelle : Le 26 juin, le journal du matin de TV5 avait encore fait un reportage sur le drame de ce soldat « otage ». J’ai écrit en rappelant que l’honnêteté journalistique aurait exigé de mentionner les prisonniers soumis à la détention administrative et le kidnapping des 45 élus du Hamas. Aucune réponse, aucun correctif.

Comment se fait-il qu’on ne parle pas beaucoup des sayanim ?
Cela reste un mystère. Comment des journalistes aguerris ont pu disserter sur Israël sans mettre sur le doigt sur cet aspect capital ! Je mets cela sur la puissance des sayanim qui ont réussi l’exploit de ne pas faire parler d’eux. Il ne faut pas oublier que la chape qui écrasait les médias pour diffuser la pensée unique favorable à Israël n’a commencé à se fissurer que depuis quelques années.

Pourquoi des citoyens juifs français par exemple deviennent des sayanim ?
Vous savez, l’idéologie sioniste, jusqu’en 1948, était loin d’être majoritaire dans les communautés juives. Je me souviens qu’au Maroc, dans les années 50, les rabbins vilipendaient les sionistes. Et puis la création d’Israël, la propagande, la hantise d’un nouveau génocide, ont fait en sorte que les institutions juives ont basculé dans un appui inconditionnel à l’Etat juif. Aujourd’hui en France il n’est pas admissible d’exprimer la moindre réserve dans le cadre des institutions juives. La propagande est telle que les citoyens juifs qui vivent dans le cadre de ces institutions développent un second patriotisme et un nationalisme hors du commun. Au besoin, comme illustré dans le roman (l’épisode du cardiologue), le Mossad fera appel au chantage patriotique pour amener un citoyen français à trahir son serment de médecin pour satisfaire les visées du Mossad.

Vous donnez une grande importance à la franc-maçonnerie dans votre livre. Pourquoi ?
La franc-maçonnerie me paraît une illustration parfaite du travail d’infiltration et de propagande mené par les sayanim. D’abord pour montrer qu’aucun domaine ne leur échappe. Il n’y a pas de « petits profits ». Là où on peut pousser à la défense d’Israël, on le fait sans états d’âme. Par ailleurs, cela montre que les juifs sionistes ne reculent devant rien. Car peu de gens ignorent – même si on n’est pas familier avec la franc-maçonnerie – que celle-ci est d’abord laïque, ouverte à tous sans distinction de race, de religion, ou d’orientation politique. Et voilà que des franc-maçons juifs et sionistes créent en 2002 une loge spécifiquement juive, et sioniste pour défendre Israël. Je l’ai vécu personnellement, car j’ai été franc-maçon pendant près de 17 ans. Cela s’est passé en 2002, au plus fort de la seconde intifada. Cela n’était pas dit expressément, car c’est contraire à l’éthique maçonnique, mais dans les faits cela revenait au même. Ne devinant pas de quel bord j’étais, ces frères m’ont mis au parfum  sans ambages. Et à mon avis c’était couvert par les instances supérieures. Tout ce qui se disait dans la loge était favorable à Israël (voir le 1er chapitre et la conférence tendant à faire un parallèle entre les réfugiés palestiniens et les juifs partis des pays arabes, souvent à l’instigation du Mossad). Et chaque année, la loge organise un « voyage d’information » en Israël, encadré par des fonctionnaires du ministère israélien des Affaires étrangères.
Un de mes personnages principaux, Youssef El Kouhen, va subir les foudres des sayanim franc-maçons. Fils d’immigrés maghrébins, il pense faire un pas décisif dans son intégration républicaine en étant admis au sein du Grand Orient. Mais ayant découvert l’existence de cette loge « judéo-sioniste », il va tenter, avec d’autres frères arabes de contrer leur propagande en créant une loge pro-palestinienne. Mais là il va se heurter à la puissance du lobby sioniste implanté au Grand Orient de France et subira une défaite cinglante. Ce lobby va agir au mépris de toutes les lois de l’Obédience.

En parcourant le livre, on s’aperçoit que certains personnages ressemblent étrangement à des personnes connues, surtout pour leurs sympathies sionistes.
Parmi les 3 000 sayanim français, certains sont connus. Pas en tant que sayanim. Par définition, ce sont des agents secret. Mais étant donné leur soutien constant à Israël et leur participation active à des campagnes savamment orchestrées, il est probable qu’ils agissent dans ce cadre. J’ai voulu les montrer en action, par exemple pour recruter un nouvel agent, ou pour monter en épingle une rencontre sportive israélo-palestinienne à Paris, sans autre finalité que de donner l’illusion d’un processus de paix.

Et plus explicitement ?
Il y a plusieurs années, un match de football a eu lieu au Parc des Princes entre des jeunes israéliens et palestiniens. Ce qui avait donné lieu à un battage publicitaire démesuré. J’ai repris cet événement en tentant d’imaginer les coulisses, les pressions, les manipulations, les interventions. Pour obtenir gratuitement le stade, pour le remplir avec des jeunes de banlieue en faisant intervenir le rectorat, en sollicitant des subventions de l’Union européenne et de la Mairie de Paris, en faisant pression sur les dirigeants musulmans « modérés » pour qu’ils apportent leur caution. Une opération de propagande rondement menée grâce aux sayanim, et leurs alliés, dont les plus indéfectibles : SOS Racisme et la Mairie de Paris.

On retrouve souvent SOS Racisme. Pourquoi ?
Pour moi, cette organisation sert de courroie de transmission aux idéologies sionistes. Sa proximité incestueuse avec l’UEJF, un des piliers du soutien à Israël, en est une illustration. Jamais SOS Racisme n’a lancé par exemple une campagne contre l’occupation israélienne, alors qu’elle se démène contre le Soudan. En occupant le terrain, grâce à des subventions généreuses, SOS Racisme empêche l’émergence d’autres organisations anti-racistes plus proches des exigences de la majorité de ses membres. On entend d’ailleurs plusieurs voix, dont celle de Joey Star, réclamer une autre organisation anti-raciste, issue des quartiers, et les représentant légitimement.
Dans le roman, je développe un point de vue qui ne doit pas être loin de la réalité. C’est-à-dire la dépendance de SOS Racisme vis-à-vis de l’UEJF et de ses alliés. Lorsque ces derniers par exemple cherchent un successeur au président actuel, un noir qui finit son mandat. Ils cherchent un beur présentable, qui a bien assimilé les rapports de force et les consignes. Celui qui est approché subira des « tests » pour montrer sa fidélité aux idéaux sionistes (qu’on appelle pudiquement des « positions modérées et pacifistes). En l’occurence Moulay Elbali, doctorant d’origine banlieusarde, qui veut sortir de sa condition à n’importe quel prix. Un détail : Lorsqu’un président de l’UEJF quitte ses fonctions, il devient vice-président de SOS Racisme. Pour mieux les contrôler ?

Tout un chapitre est consacré à la Mairie du 16e arrondissement. Pour quelle raison ?
Cette Mairie est un des châteaux forts des sionistes. Le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale) s’y réunit régulièrement et y organise son salon du livre. Son maire est un ardent défenseur d’Israël. Dans sa croisade pour l’Etat juif, il n’hésite pas à utiliser les symboles coloniaux (défense de la civilisation judéo-chrétienne, avant-poste de la démocratie) à l’instar de l’ancien premier ministre espagnol qui avait déclaré récemment : « Il faut défendre Israël à tout prix, car s’il tombe, l’Europe aussi tombera ». D’ailleurs un portrait géant du soldat israélien enlevé par le Hamas orne la façade de la Mairie.

Il y a ce personnage, MST, qui traverse tout le roman, et qui ressemble furieusement à BHL…
Je vous laisse la responsabilité de ce constat. Il est vrai qu’il y quelques ressemblances, mais en principe ce n’est pas lui. Ceci dit, il ne me déplait pas que certains fassent ce rapprochement. Michel-Samuel Taïeb est effectivement un personnage central, correspondant à son rôle flamboyant, à ses nombreux réseaux, à son implication sans réserve en faveur d’Israël, à l’acharnement avec lequel il recrute d’autres sayanim. C’est lui qui va recruter le cardiologue, qui va intervenir à l’Elysée pour donner l’ordre aux rectorats de remplir le stade de jeunes beurs, qui va appeler un responsable d’émission à Canal Plus pour humilier en direct des militantes de SOS Palestine, qui va faire pression sur le recteur de la Mosquée de Paris pour soutenir ce prétendu « match pour la paix », etc. Le chef du Mossad à l’ambassade d’Israël à Paris de lui : « Il vaut plus que 100 sayanim ».

On a l’impression que vous vous êtes pas mal amusé avec les noms des sayanim.
Je n’ai pas pu m’en empêcher. Le fait de trouver ces noms, que d’aucuns pourraient rapprocher de personnages réels, me remplissait de joie (sarcastique) à chaque fois. Delanoix, Fauderch, Idler, MST, Goldnavet, Vil-Neuf, j’en passe et des meilleurs. Il est vrai que mes sympathies vont là où vous savez. Je n’avais aucune raison de les épargner.

Est-ce à dire que c’est un roman politique ?
Si on entend par là qu’il prend position de façon claire et nette, tout en dénonçant les pratiques de chantages et de manipulations au profit d’une politique impérialiste, alors oui, c’est un roman politique. D’ailleurs il est dédié « à tous ceux qui se battent pour la justice en Palestine ».  La forme romanesque n’est qu’une méthode pour y arriver. Bien qu’une grande partie du livre se base sur des faits réels, ou exprime une réalité telle qu’elle pourrait se dérouler. Lorsque MST appelle Canal Plus, je n’étais pas à l’écoute, mais la façon dont la plupart des grands médias lui déroulent le tapis rouge me fait penser que c’est sa manière d’agir. Et d’être obéi.

Est-ce qu’on vous mettra des bâtons des les roues ?
Certainement. Les sayanim et leurs complices, et ils sont nombreux et occupent des postes stratégiques, feront tout pour élever un mur de silence. Ou bien ce sera le déni. Ou enfin le recours à ces vieilles méthodes de l’amalgame. Une critique d’Israël équivaut à de l’antisémitisme. Parler des sayanim, c’est revenir à cette accusation de « complot » que certains antisémites au tournant du 20e siècle lançaient aux juifs pour les discréditer. Le discours du déni, et d’un certain terrorisme intellectuel, est bien rodé.

Que peut-on vous souhaiter ?
J’espère d’abord que ce livre ouvrira les yeux sur cette force puissante et insidieuse mise au service d’une idéologie de domination. Qu’il permette ensuite un décryptage plus pointu des événements. Et enfin qu’il favorise l’émergence de contre-pouvoirs.

mardi 27 décembre 2016

Les réactions hystériques d’Israël



Les réactions hystériques d’Israël
Suite à la résolution du Conseil de Sécurité demandant « seulement » l’arrêt de la colonisation, et non le démantèlement des colonies sur une terre conquise par la force et jamais reconnue par le droit international, Israël a réagi avec une violence inouïe, comme un enfant gâté à qui tout était permis et qui se retrouve soudain réprimandé. Comment la communauté internationale a-t-elle eu l’outrecuidance, la « Hutspa », de mettre un petit bâton dans les roues du char triomphant du sionisme en expansion ?
Petit rappel historique : Le Conseil de Sécurité avait déjà voté en 1968 la résolution 242 demandant l’évacuation des territoires occupés par la force. A l’époque la colonisation n’avait pas encore commencé et les Etats-Unis n’étaient pas les alliés inconditionnels de leur chien de garde dans la région. Résolution restée évidemment sans effet.
Netanyahou a immédiatement déclaré que la nouvelle résolution était nulle et non avenue et qu’il s’en torchait. C’est ce qu’il y a de bien avec les dirigeants sionistes. Le droit international et la communauté du même nom ils s’assoient dessus. Le peuple élu à qui Dieu a redonné la terre promise n’a de comptes à rendre aux gentils, à tous ces peuples de goyim qui décidément ne comprennent rien à son destin unique et glorieux.
Le premier ministre sioniste a convoqué les ambassadeurs des pays qui ont voté la résolution le jour de Noël pour leur passer un savon. Qu’auraient dit les institutions judéo-sionistes si un pays européen avait convoqué un ambassadeur israélien le jour de Roch Hachana ?
Netanyahu a annulé une rencontre prévue avec son homologue britannique Theresa May pour protester contre le soutien de Londres à cette résolution. Il a annulé la visite prochaine en Israël du ministre sénégalais des Affaires étrangères et a ordonné au ministère des Affaires étrangères d’annuler tous les programmes d’aide au Sénégal. Il a supprime plusieurs millions de dollars de contributions à diverses agences onusiennes.

Les « amis » d’Israël montent au créneau. Estrosi part fissa en Israël pour soutenir Netanyahou dans cette épreuve. Quant à l’inénarrable Guy Millière il a publié un article intitulé : Barack Hussein Obama, l’antisémite de la Maison-Blanche, trahit Israël. Liberman va plus loin, si on peut dire, avec la résurgence de l’antisémitisme. Il a déclaré que la conférence prévue à Paris le 15 janvier était « comparable à l’Affaire Dreyfus ».

Ces réactions hystériques et disproportionnées montrent à quel point le régime sioniste s’est laissé acculer dans une impasse sans issue. D’une part il ne peut arrêter la colonisation. C’est un processus irréversible qui doit aller jusqu’au bout, c’est-à-dire avaler 90% de la Cisjordanie. D’autre part, il glisse inexorablement vers l’Etat binational ressemblant à l’Afrique du sud du temps de l’apartheid.

Cette « hystérisation » a quelque chose de positif. Elle met à jour la nature véritable du sionisme et son évolution impériale. Certes aujourd’hui la plupart des Etats ont une certaine trouille d’Israël. Il n’y a qu’à voir leurs tentatives de justification d’une résolution qu’ils auraient déjà dû prendre depuis longtemps et surtout la faire appliquer. Mais on est proche du ras-le-bol. La question devra se poser un jour : N’était-ce pas une erreur monumentale de laisser se créer un tel Frankestein dans cette région ? Sauf que ce « Frankenstein » dispose 6 sous-marins avec des centaines de têtes nucléaires prêtes à arroser le monde.

Je souhaite bien du plaisir aux chancelleries européennes avec ce nouveau casse-tête.







samedi 16 juillet 2016

NICE et les sanglots de l’Homme Blanc



NICE et les sanglots de l’Homme Blanc

Si on prend comme référence les 5 derniers siècles, l’Homme Blanc est à l’origine de 90% des massacres de grande envergure perpétrés sur terre, des guerres coloniales, des guerres civiles (entre peuples de même civilisation), des guerres d’extermination, des campagnes de « pacification », de déracinement, d’appropriation, de confiscation, de domination.
Bref l’Homme Blanc, en même temps qu’il évoluait sur les plans culturel, philosophique, scientifique, littéraire, musical, politique, s’était arrogé le droit exorbitant de dominer les autres civilisations par tous les moyens à sa disposition, étant entendu que les « valeurs » dont il était fier ne valaient pas pour les indigènes (terme générique pour désigner les autres, les inférieurs, les non-blancs).
La distribution des rôles était ainsi établie. L’Homme Blanc était noble et généreux. L’indigène qui résistait était un être nuisible à exterminer.
Le monde arabe en a pâti terriblement. Voici juste 2 petits exemples de cette pénétration civilisatrice en Algérie. La sauvagerie et l’inhumanité ne sont pas là où on pense.

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1832, la tribu des Ouffia fut exterminée près d’El-Harrach (Maison-Carrée) par le gouvernement du duc de Rovigo. A ce moment, Pellissier de Reynaud affirmait : « Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; tout ce qui pouvait être pris fut enlevé, on ne fit aucune distinction d'âge ni de sexe. Cependant l'humanité d'un petit nombre d'officiers sauva quelques femmes et quelques enfants. En revenant de cette funeste expédition, plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances et une d'elles servie, dit-on, à un horrible festin. »

 En 1844, le général Cavaignac procéda à l’enfumage de la tribu des Sbéahs pour obtenir leur reddition. Décrivant cette « opération », le général Canrobert écrivait : « On pétarada l'entrée de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques Sbéahs se présentèrent à l'entrée de la grotte, demandant l'aman à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts. » (2)

Il y eut par la suite quelques « péripéties » entraînant quelques centaines de milliers de morts (dont le massacre de Sétif, la pacification du Rif, la nuit des longs couteaux du 17 octobre 1961 à Paris, etc.) Le propre avec les indigènes, c’est qu’il n’est pas nécessaire ni utile ni souhaitable d’en connaître le chiffre exact. La vie humaine n’a pas la même valeur.

L’inconscient collectif arabe en est resté marqué. Ajoutez-y la Palestine, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’interventionnisme dans les affaires internes et la manipulation des « dirigeants » arabes, la création magique de ces groupes islamistes qui sèment le chaos, et vous obtenez un cocktail explosif.

Evidemment, l’Homme Blanc refuse de voir le moindre rapport entre son histoire sanguinaire et certaines réactions épidermiques. Il ne voit qu’une sauvagerie inhumaine viscérale quasi atavique chez l’Arabe, l’indigène, le monstre.
Pendant la bonne guerre d’Algérie qui faisait quasi-consensus en France, un officier « interroge » un responsable du FLN. « Quand même ! Placer des couffins avec des bombes dans des cafés ! Quelle inhumanité ! » Ce à quoi le prisonnier algérien répondit : « On fait un échange. Donnez-nous vos hélicoptères et on vous donne nos couffins ».
Un quotidien a titré ce matin à propos de Nice : « C’étaient des enfants ». Certes, mais quand l’Amérique a laissé crever 500 000 (oui, un demi-million) enfants irakiens à cause de l’embargo, cela n’avait pas ébranlé les consciences.
Sauf que chez l’Arabe s’est développé un sentiment de haine, mêlé d’impuissance et de désir de vengeance. Chez lui il n’a que ressentiment. En France, il macère dans son statut d’indésirable. Les conditions préparent le pétage de plomb. Le « terrorisme » est l’arme du pauvre bougre.

L’aveuglement de l’Homme Blanc peut paraître sidérant, mais il s’inscrit de fait dans une logique de conflit de civilisation que nous impose l’Empire. L’Amérique ne peut se développer que dans une guerre perpétuelle et face à un ennemi irréductible. Les dirigeants sionistes apportent la démonstration que décidément la coexistence avec les Arabes est partout impossible. Dans un grand élan de sollicitude désintéressée, ils offrent même à l’Occident de partager leur savoir-faire et aux pays arabes modérés leur « protection ».

Malheureusement on ne peut pas attendre de notre classe politique ni des médias qui la servent une analyse et un sursaut lucides. C’est plutôt à une « guerre permanente » qu’ils nous préparent.



mardi 12 juillet 2016

Jacob COHEN "négasioniste"



Jacob COHEN « négasioniste » 

On ne remerciera jamais assez Gilad Atzmon pour sa remarquable trouvaille linguistique sur le « juif tribal ». Je viens d’en voir une illustration, à mes dépens.
J’ai reçu une demande d’amitié sur Facebook de la part de Dinah Douieb (https://www.facebook.com/dinah.douieb?fref=ts) qui, tout en paraissant juive, m’avait semblé une personne ouverte et tolérante. De plus musicienne. Je lui ai donc accordé mon amitié, en postant sur sa page, comme message de bienvenue, la 4e de couverture de « Confessions d’un sayan ».
Le ciel m’est tombé sur la tête. Cette personne m’a immédiatement « bloqué » avec un message incendiaire du style : On ne se connaît pas et j’ose lui adresser une info sur un roman publié par une maison d’édition dirigée par un personnage plus que douteux.
Cela aurait pu s’arrêter là, mais… Cette Douieb a une amie Pascale Boukobza (https://www.facebook.com/pascale.boukobza?fref=ts) une juive a priori du même acabit : libérale, ouverte, sympathique, dynamique, intello, civilisée, sans préjugés, intégrée, bref l’image de ces juifs dont on peut penser qu’ils pourraient s’élever au-dessus des éléments de propagande bassement communautaristes.
C’était sans compter avec le fameux réflexe « tribal » qui saisit le juif, indépendamment de son niveau intellectuel et social.
Cette fameuse Boukobza a posté ceci sur ma page Facebook :
 
Pascale Boukobza tagged you in a post.
Pascale Boukobza
July 11 at 10:24pm
Whaouuu quelques un de mes amis ont Jacob Cohen en ami c vraiment une ordure qui a oublié d ou il vient ......un negasioniste juif je pensais pas que ça existait .....je suis quelqu'un de très ouvert ...mais ça jamais qu il aille au diable 😈 ttes les vérités ne sont pas bonnes à dire surtout de certaines personnes ...bonne soirée et merci àDinah Douïebb je te love

Et tout cela UNIQUEMENT parce que j’ai publié un livre chez KontreKulture. C’est un délire que la seule évocation, même indirecte ou allusive, de Alain Soral, suscite chez beaucoup de juifs dont l’instinct tribal resurgit avec une violence inouïe, leur faisant perdre tout sens de la mesure, de la courtoisie, et du « vivre ensemble ».


mercredi 18 mai 2016

Jacob Cohen boycotte la justice française



Lettre ouverte au Tribunal de Grande Instance de Paris
14e chambre correctionnelle. Audience du 31 mai 2016
No Parquet: 12185050023
 
Procès (présumé) de la LDJ
Monsieur le président,
Je suis cité comme victime à ce procès, suite à mon agression du 5 juillet 2012. Mais je vous annonce que je n’ai pas l’intention de m’y présenter.
Je ne participerai pas à cette parodie de justice et ne la cautionnerai pas par ma présence. Votre « justice » dite française est totalement soumise au lobby judéo-sioniste lorsqu’il s’agit de traiter des questions impliquant des représentants de la « Communauté organisée ».
Et je vais vous en apporter la preuve.
Le 12 mars 2012, juste avant de donner une conférence dans un café du 6e arrondissement, 7 à 8 individus m’ont agressé, insulté, menacé. C’était une agression préméditée et en réunion. Assumée, signée et revendiquée, puisque la LDJ a posté sur son site la vidéo de mon agression. Accompagnée de commentaires qui auraient mérité à eux seul l’attention du Parquet, d’ordinaire si pointilleux.
En tant que magistrat, vous savez ce que cela aurait dû coûter aux agresseurs.
Or, que croyez-vous qu’il arriva ? Ma plainte a été enterrée. Sans aucune instruction. Après un « délai de décence », l’affaire a été classée sans suite. Il ne s’est rien passé. Circulez ! Il n’y rien à voir.
Enfin quoi ! Dans la France « sionisée » d’aujourd’hui, on ne peut pas condamner des juifs sionistes ! Je vous laisse imaginer si un groupe de fanatiques barbus, islamistes, hargneux, violents (pardon pour le quadruple pléonasme)  s’était attaqué de la sorte à un écrivain juif du CRIF. Au minimum une réception à Matignon.

Quels ont été les mécanismes mystérieux qui ont amené la tenue de ce procès du 31 mai ? La promesse d’un sursis ? Des garanties occultes ? Ou l’exfiltration des accusés dans leur vraie patrie, Israël ?
Notre justice s’est toujours montrée à la hauteur de sa réputation : Couchée devant le Pouvoir. L’ironie de l’Histoire veut que cette « justice » qui avait appliqué avec un zèle digne d’éloges les lois de Vichy contre les avocats et les magistrats juifs, se met au service de ceux qu’elle avait jadis traqués, en fermant les yeux sur leurs exactions criminelles ( les trafiquants essentiellement juifs à la TVA et à la taxe carbone portant sur des milliards et coulant des jours heureux en Israël) en offrant l’impunité à leurs nervis (LDJ et Bétar) en cédant à toutes leurs exigences (condamnation de la « quenelle » ou création d’un délit sans aucune base juridique, cela s’appelle de la forfaiture) et en couvrant les parties civiles juives de rentrées financières sous formes d’amendes exorbitantes.
Bref, les judéo-sionistes ont aujourd’hui la belle vie. Mais demain ? Sont-ils conscients que cette même « justice » se retournera contre eux lorsque les rapports de force auront évolué ? Avec la hargne de ceux qui prennent leur revanche sur des décennies d’humiliations et de soumissions.

Votre parodie de « justice », votre mascarade, votre veulerie, vous la ferez bien entre vous, sans ma présence. Veillez tout de même, Monsieur le Président, à ne rien faire qui puisse froisser la susceptibilité extrême du président du CRIF. On ne connaît pas précisément les arcanes des hautes nominations, mais une échine souple et une compréhension intuitive des directives ne sont pas de trop pour arriver. Mais puisque vous êtes là où vous êtes, je ne me fais aucune inquiétude. L’honneur des bons juifs sortira lavé de ce mystérieux procès.

Jacob Cohen
Paris, le 21 mai 2016.
  



samedi 30 avril 2016

CONFESSIONS D'UN SAYAN

CONFESSIONS D'UN SAYAN:
Disponible chez Kontre Kulture
Sayan : juif sioniste collaborant avec le Mossad dans le cadre de son activité professionnelle
Divorcé après plus de vingt ans d’un mariage terne, Adrien, juif athée indifférent au sionisme, rencontre la voluptueuse Jacqueline qui lui fait découvrir à cinquante ans les joies du sexe libéré. Mais avec elle il découvre aussi le plaisir subtil que donne la fréquentation du petit cercle d’initiés qui veillent dans les coulisses aux intérêts d’Israël. Entré par la petite porte, sollicité pour ses talents de plume, il goûte rapidement aux retombées de cet activisme tribal : il sait qu’il ne sera pas concerné par le plan social qui menace une partie des journalistes du célèbre journal de gauche pour lequel il travaille. Amour, pouvoir, voyages, une nouvelle vie s’offre à lui. Mais, passé le premier émerveillement pour ce monde de complicité et de soutien communautaires, il s’interroge. Sa place est-elle vraiment là ? Est-il prêt à perdre ses amis de toujours qui ne comprendront pas son engagement ? Est-il capable de vivre scindé en deux, entre ses nouvelles relations et ses anciens copains ? Et puis, Naïma, jeune beurette qui lui sourit si chaleureusement, est bien attirante…

vendredi 22 avril 2016

DAESH



Que pensez-vous de daech ?
(Extrait d'une interview au quotidien Al-Massae)

DAESH. Le mot à lui seul représente l'aboutissement d’un complot mené de main de maître. Quelle maestria!  On pourrait le qualifier de complot américano-sioniste, c’est-à-dire lorsque les Américains et les Israéliens sont devenus de véritables alliés dans la région à partir des années 70 pour la modeler en fonction de leurs intérêts stratégiques.
Ou comment on a réduit la Nation arabe qui rêvait à l'aube de son indépendance d'unité, de progrès, d'éducation, de liberté, à des entités divisées, ravagées, humiliées, menacées, déstabilisées.
Rappelons-nous: Dans les années 50, les pays arabes voulaient entrer de plain-pied dans le monde moderne. Toutes leurs aspirations allaient vers l'instruction, le développement économique et l'échange culturel. Nasser se moquait ouvertement du voile et Bourguiba des contraintes du ramadan. Regardez les publics arabes de ces années aux concerts d’Oum Kalthoum.
La guerre de 1967 a modifié la donne. Le monde arabe brisé et humilié, l'alliance américano-sioniste a décidé de l'achever. Dès les années 80, a commencé à germer dans les cercles géostratégiques la conviction qu'il fallait détruire les Etats arabes forts, comme l'Irak, la Syrie et la libye, pour les transformer en champs de batailles interethniques, en y ajoutant une pincée d’islamistes.
Parmi ces forces déstabilisatrices, Daesh ou autres organisations du même type, financées et formées par des monarchies dont la seule politique se résume aujourd'hui à se perpétuer en conservant les avantages acquis tout en pillant leurs pays, pour le compte de leurs maîtres.
Simple question de bon sens logistique. Comment des forces de dizaines de milliers de combattants peuvent se mouvoir librement sur des colonnes de Honda dans des zones désertiques sur des millions de kilomètres carrés sans la protection des forces aériennes ou satellitaires de l'Amérique et d'Israël? Ehud Barak, ancien chef d'état-major et 1er ministre d'Israël avait déclaré il y a quelques mois, dans un accès de franchise, qu'on pouvait éliminer Daesh en 3 ou 4 jours. Déclaration étrangement très peu relevée.
Un autre avantage de cette créature magique : Faire peser une menace sur les autres pays, Maroc, Algérie, Egypte, etc. qui pourraient avoir des velléités de résistance. On pourrait leur envoyer un « daesh » local qui les ferait exploser.
Et puis le bouquet sur le plan idéologique et civilisationnel. Grâce à Daesh, le monde musulman est retourné à ses vraies origines, c’est-à-dire à la barbarie. Les musulmans en Europe et ailleurs sont tenus de se justifier, de raser les murs, de faire profil bas, de se soumettre. Netanyahou assimile même les Palestiniens aux djihadistes et leur combat au terrorisme. Il offre généreusement sa collaboration à une Europe meurtrie pour lui montrer comment assurer sa sécurité.
Le choc des civilisations a offert son verdict. La Barbarie islamique vaincue par la suprématie judéo-chrétienne. 

jeudi 21 avril 2016

En quoi le monde arabe s'est soumis à Israël?



En quoi le monde arabe s'est soumis à Israël? 
(extrait d'une interview au quotidien Al-Masse)
En 1948, le monde arabe était vent debout contre la partition de la Palestine et la création d’un Etat juif, considéré alors comme un élément étranger, inassimilable, incompatible avec l’idée d’une nation arabe homogène. Il ne s’agissait pas de combattre les juifs en tant que tels. Tous les pays arabes de l’époque avaient de fortes minorités juives qui vivaient plus ou moins en harmonie et qui ne souhaitaient pas vivre dans en Etat juif.
Et malgré leur faiblesse économique et militaire due à leur indépendance très récente, les Etats arabes se sont lancés dans un conflit dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur et la capacité de l’ennemi. Malgré cette première défaite, les Etats arabes ont formé la Ligue arabe avec pour objectif la libération de la Palestine. Ils avaient alors établi une liste de toutes les Compagnies qui travaillaient avec Israël pour les boycotter. A l’époque on ne disait même pas Israël mais « l’entité sioniste ».
Quelques guerres plus tard, non seulement le fait accompli sioniste n’est plus remis en cause, c’est-à-dire le partage de 1948, mais même les conquêtes territoriales de 1967 sont implicitement acceptées. Si on excepte quelques rodomontades verbales dont les Arabes sont friands. Prenez Al-Qods ! Après la guerre de 1967 et les premières annexions israéliennes, le monde arabe et musulman a créé une organisation pour défendre la Jérusalem arabe. Résultat ? 250 000 colons juifs s’y sont installées. Des juifs américains achètent à prix d’or toute parcelle arabe pour la judaïser. Aucun millionnaire arabe n’a jamais osé mettre du fric pour combattre la mainmise juive. Aucun pays arabe n’a jamais osé ouvrir une ambassade à Ramallah et exiger l’application de la Convention de Vienne sur le personnel diplomatique pour y entrer et sortir librement avec le bagage diplomatique. Aucun régime arabe n’a jamais tenté de briser le blocus de Gaza, sauf la Turquie.
La Ligue arabe s’est humiliée à offrir une paix totale à Israël en 2002 en échange d’un retour aux frontières de juin 1967, ce qui avait suscité les ricanements d’un Ariel Sharon plus conquérant que jamais. Ce qui reste de la Palestine est inexorablement grignoté avec probablement le « lâche soulagement » (formule utilisée après les accords de Munich de 1938) des régimes arabes qui ne veulent plus en entendre parler. Que Mahmoud Abbas signe pour un Bantoustan et tout le monde sera content.
Petit à petit, le monde arabe normalise ses relations avec Israël en même temps que disparaît la Palestine. Le régime sioniste est devenu le protecteur, le « parrain », des monarchies du Golfe face à la « menace » iranienne. Le monde arabe a accepté de jouer en « 2ème division » par rapport à Israël. Sur les plans militaire, technologique, économique, scientifique, informatique. Après la destruction de la centrale nucléaire civile d’Irak, aucun autre pays arabe n’a osé relever le défi.
Et je finirai par cette histoire. Au début des années 60, qui a vu le lancement de l’industrie spatiale, le département de physique d’une université libanaise s’est lancé de manière artisanale dans cette entreprise, en bricolant avec les moyens du bord. Sauf que ils sont arrivés après plusieurs recherches à envoyer une fusée pas loin de Chypre ; et ils envisageaient de mettre un petit satellite dans la prochaine fusée. Mais « diverses pressions » les ont amené à tout arrêter. Et c’est ainsi que prit fin une prometteuse industrie spatiale arabe.

mardi 19 avril 2016

COMMENT EXPLIQUER LA SOUMISSION DES PALESTINIENS ?



COMMENT EXPLIQUER LA SOUMISSION DES PALESTINIENS A ISRAEL ?
(Extrait d'une interview au quotidien Al-Massae)
Tout a commencé avec la décision de Yasser Arafat de négocier les accords d’Oslo avec Israël. Le régime sioniste se trouvait dans une situation dramatique vers 1990. La 1ère intifada a révélé un régime d’occupation brutale et la volonté d’un peuple de s’en libérer. Le contraste était patent. Israël allait à la catastrophe.
C’est alors que le 1er ministre Rabin a eu un coup de génie. Il faut reconnaître aux sionistes une capacité de manipulation hors du commun. Négocier avec les dirigeants locaux de l’intifada signifiait abandonner la Cisjordanie et permettre la création d’un vrai Etat palestinien.
Alors Rabin a dit (propos rapportés par Yéhouda Lancry, ambassadeur israélien à Paris d’origine marocaine) « On va sortir Arafat de son trou et il fera ce qu’on lui dira de faire ». A l’époque, Arafat n’existait plus politiquement parlant. Exilé et oublié à Tunis. Or tout homme politique de cette envergure a besoin de laisser son empreinte dans l’Histoire. Et Arafat a négocié et a accepté toutes les conditions israéliennes. Aucune mention de Jérusalem ni d’un futur Etat palestinien. En plus, Arafat a cédé 60% de la Cisjordanie sous totale souveraineté israélienne.
Les accords d’Oslo ont ainsi créé la fiction d’un futur Etat palestinien qui ne verra jamais le jour pendant que le nombre des colons sionistes est passé de 150 000 à 650 000. Les forces « palestiniennes » assurent la sécurité pour Israël. On négocie de temps en temps. On vit sur une illusion savamment entretenue par le monde entier et même par les Etats arabes qu’on se dirige vers une solution à 2 Etats.
Mais pourquoi les Palestiniens ne réagissent pas, une fois qu’ils se rendent comptent qu’ils se font avoir ? Cela fait 23 ans que les Palestiniens « négocient ». Ils savent pourtant qu’Israël ne lâchera jamais sur Jérusalem, ni la souveraineté sur le Jourdain, et ne ramènera aucun colon. Les Palestiniens assistent impuissants aux arrestations, aux destructions, aux expulsions, aux violations des accords, à l’étouffement de leur économie, à leurs humiliations, et pourtant ils collaborent.
J’y vois 3 raisons :
1. La nature humaine étant ce qu’elle est, Israël a trouvé des Palestiniens qui acceptent de collaborer en échange de divers avantages. En Cisjordanie, il existe une « nomenklatura » qui peut tourner autour de 5000 personnes. Responsables politiques, militaires, sécuritaires, économiques, universitaires, médiatiques, diplomatiques, etc. Ces personnes ont des salaires qui peuvent aller jusqu’à 20 000 dollars par mois. Ils ont un document spécial délivré par l’occupant qui leur permet de se déplacer sans passer par les barrages. Ils peuvent voyager à l’étranger et revenir sans problème. Leurs enfants vont étudier à l’étranger. Tout ce qu’on leur demande pour garder ces avantages c’est de dire qu’ils croient aux accords d’Oslo et qu’ils sont contre la « violence ».
2. Le Mossad doit posséder des dossiers sur la plupart des responsables palestiniens. Corruptions, comptes à l’étranger, relations sexuelles. Si un responsable fait le malin, on sort le dossier et on détruit sa vie. Un exemple « amusant ». Mahmoud Abbas aurait fait un doctorat « négationniste » dans les années 70 selon les juifs. De temps en temps les médias juifs le rappellent mais sans plus. Si Abbas dénonce les accords d’Oslo, une campagne mondiale (et on connaît la puissance des juifs) sera lancée sur ses propos « négationnistes » condamnables par la loi. En 24 heures, le personnage devient l’ennemi public mondial Numéro 1 et il risque même de passer devant la Cour pénale internationale.
3. Il n’est pas exclu que le Mossad utilise des menaces directes. On va voir Saeb Arekat (c’est un exemple mais ce Monsieur est d’un « pacifisme » exemplaire) et on lui dit : « Monsieur, votre fils habite à Washington, à telle adresse, et il envoie ses 2 enfants à telle école, n’est-ce pas ? Ce serait tellement bête qu’il leur arrive un « accident » ! Connaissant les méthodes du Mossad, que fait Saeb Arekat ? Il « négocie ».